Chroniques de nos experts

Conférence plénière du jeudi 18 mai

De la double hélice d’ADN au transhumanisme

La découverte de la double hélice d’ADN en 1953 a permis de mieux comprendre l’évolution de l’homme. Elle est aussi à l’origine de techniques d’analyses permettant d’apprécier la « qualité » des enfants à naître et même de prévoir la survenue d’éventuelles maladies au cours de la vie. Cette démarche pourrait légitimer une nouvelle forme d’eugénisme libéral d’inspiration médicale. D’autant que les récentes méthodes de séquençage à haut débit, la biosynthèse du vivant et la possible modification ciblée du génome constituent l’une des quatre technologies dites convergentes. Ces biotechnologies associées aux nanotechnologies, à l’informatique et aux sciences cognitives (NBIC) sont le support du transhumanisme, mouvement d’idées qui prône la transformation de l’homme par l’améliorant de ses qualités et de ses performances jusqu’à le rendre immortel.

Jean-François MATTEI
Membre de l'Institut de France, ancien Ministre de la Santé, Professeur de génétique médicale

Session du vendredi 19 mai

L’accompagnement à la parentalité

De la réflexion conceptuelle et organisationnelle à son objectif majeur : le bien-être de l’enfant et de l’adolescent

Danièle SOMMELET

Alors que les politiques sociales ont ciblé sur la petite enfance une grande partie des dispositifs d’accompagnement à la parentalité, il importe de ne pas méconnaître l’ensemble des situations de fragilisation des fonctions parentales ; notamment, en cas d’anomalies du développement de l’enfant, de situations de handicap, de maladies chroniques, de troubles de la santé mentale, de ruptures familiales, d’inégalités d’accès aux soins, de scolarisation inadaptée, tout comme dans les contextes de migration, de violence, de terrorisme.

A l’issue d’une connaissance, certes incomplète, des dispositifs publics et privés existants, nous proposons les recommandations suivantes : une formation adaptée des acteurs, une orientation correcte des parents, le décloisonnement des dispositifs proposés, le suivi des données recueillies et le recours à des programmes en permettant l’évaluation.
L’objectif de l’accompagnement à la parentalité doit s’inscrire dans une politique de promotion et d’éducation à la santé ainsi que de la prise en charge des situations de vulnérabilité. La reconnaissance de la place des pédiatres est indispensable au maintien du lien familial et d’une approche humaniste de l’enfant.

Danièle SOMMELET,
Professeur émérite de Pédiatrie à l’Université de Lorraine

Conférence plénière du mercredi 17 mai

Le cas de conscience en pédiatrie : Approche éthique et philosophique

Danièle SOMMELET

Le cas de conscience est une donnée permanente de l’exercice médical. De l’Antiquité à nos jours, l’histoire porte témoignage de tensions éthiques ressenties par les hommes de l’art. Toujours renaissants, les cas de conscience ont suscité des échanges entre médecins et philosophes en quête des solutions les plus humaines. L’un des cas de conscience les plus discutés durant l’époque médiévale fut celui du médecin-accoucheur confronté au dilemme tragique d’avoir à choisir entre la vie de la parturiente et celle de l’enfant qu’elle met au monde. C’est ce type de dilemme qu’on a appelé « cas de conscience ».

Comme l’indique le latin casus qui signifie « l’accident », « l’imprévu », « l’évènement fortuit », le cas de conscience désigne une situation hors normes, qui n’admet pas de solution toute faite. La meilleure façon de procéder est de se mettre autour d’une table et de discuter. Au cours de la délibération, une dialectique s’instaure entre rationalité et sensibilité. En éthique, en effet, les émotions sont nécessaires car ce sont elles qui nous alertent sur nos valeurs. Elles jouent comme des ressorts intuitifs qui dynamisent le processus de délibération. Les réactions des acteurs de la discussion se pondèrent mutuellement jusqu’à ce que se dégage progressivement, une solution équilibrée.

Parmi les émotions ressenties dans ce type de situation, l’une des plus essentielles est la crainte pour le patient. Dans le cas de la pédiatrie, l’équipe médicale s’interroge sur l’avenir de l’enfant, sur sa vie, sur ses souffrances actuelles et futures. Cependant, l’évolution « autonomiste » des mœurs et l’intrusion du juge comportent un risque pour la sérénité des débats. En effet, si le bien du patient en vient à être déterminé par des tiers (tels que les proches ou les parents), la discussion collégiale entre acteurs de soin perd de son intérêt. La crainte pour le patient se trouve affaiblie et contrecarrée par la crainte du contentieux, au risque de biaiser la délibération.

Parce qu’il est consubstantiel à la médecine, il importe que le cas de conscience puisse continuer à être abordé sereinement par l’équipe médicale, de façon casuistique et en toute indépendance, conformément au code de déontologie.

Pierre LE COZ
Philosophe et Professeur d'université

Table-ronde du mercredi 17 mai, de 16h30 à 18h00

L’enfant, le pédiatre et le terrorisme

Pierre FOUCAUD

Notre pays, comme d’autres démocraties, se voit confronté à une menace terroriste qui s’inscrit dans la durée. Ces attaques répétées ont en commun de frapper aveuglément un maximum de victimes, misant sur l’effet de surprise et instrumentalisant la barbarie largement relayée dans les médias. La surenchère de la terreur conduit à viser aussi les enfants (Toulouse 2012, Nice 2016), voire à cibler spécifiquement des enfants, comme l’attestent des attentats récemment déjoués.

Cette improbable réalité qui s’impose à nous et qui n’a rien d’une fatalité, requiert de la communauté pédiatrique une prise de conscience, afin de se préparer, s’organiser dans l’hypothèse de futures menaces. Les retours d’expérience, au niveau français et européen, doivent nourrir les différents plans d’afflux massif de jeunes, voire très jeunes victimes. La gestion du risque implique une coordination anticipée des principaux professionnels de l’enfant : urgentistes, réanimateurs, chirurgiens, anesthésistes, SMUR pédiatriques. Agences Régionales de Santé, SAMU et Service de Santé des Armées ont un rôle majeur dans le pilotage des cellules de crise, le damage control, les transferts secondaires, la formation et préparation logistique des équipes à cette médecine de guerre à laquelle nous sommes mal préparés. Pédiatres libéraux, psychologues, Cellules d’Urgence Médico-Psychologiques doivent s’impliquer dans la gestion de l’après-coup, le champ du stress post-traumatique auquel les enfants sont particulièrement vulnérables. La déclinaison territoriale de ces plans, intégrant les victimes de tous âges, est coordonnée par les ARS, chargées de cartographier les sites habilités à la prise en charge des blessés en situation d’urgence absolue.

Pédiatres et pédopsychiatres contribuent aussi à soutenir parents et enseignants en quête de comportements adaptés pour sensibiliser les enfants sans induire d’angoisse inappropriée. Un exercice difficile, d’autant que chacun doit veiller à ce que l’islamisation de la radicalité ne génère pas d’amalgames.

Pierre FOUCAUD
Service de Pédiatrie, CH de Versailles - Référent Pédiatrie, ARS Ile de France

Début du concours jeudi 19 mai à partir de 9h30

SimPediatric Awards 2017 : demi-finales et finales à Marseille !

SimPediatric Awards 2017

Depuis le lancement des SimPediatric Awards en décembre 2016, ce sont 14 équipes qui ont manifesté leur intérêt pour cette première édition. Dix équipes sont allées au bout du processus d’inscription en proposant les noms de quatre internes et d’un coach sénior. Seules six équipes pouvaient être retenues pour les demi-finales et finales qui se tiendront au congrès de la SFP à Marseille, et une phase de pré-sélection s’est donc déroulée mi-mars.

Cette phase de pré-sélection a eu lieu in situ dans chacune des villes participantes. Chaque équipe a été confrontée à un scénario d’arrêt cardio-respiratoire hypoxique chez un nourrisson hospitalisé pour bronchiolite. L’évaluation portait sur le respect de l’algorithme de prise en charge d’un arrêt cardio-respiratoire, sur la qualité technique de la réanimation, sur la répartition des tâches et la communication au sein de l’équipe.

Les six équipes qualifiées pour les demi-finales sont Poitiers, Nancy, Paris-Necker, Paris-Trousseau, Marseille, et Nantes ! Elles se retrouveront pour les demi-finales qui auront lieu à Marseille le jeudi 18 mai de 9h30 à 11h et de 16h30 à 18h. Au cours de chaque demi-finale, trois équipes s’affronteront en prenant en charge la même situation clinique, sous l’œil d’un « expert » qui aura proposé le cas. Les deux équipes sortant vainqueur des demi-finales s’affronteront le lendemain vendredi 19 mai de 11h à 12h30, et se retrouveront également face à une équipe de « séniors » composées uniquement de coachs !

Nous vous attendons nombreux pour soutenir ces internes aux compétences admirables, qui s’affronteront dans une atmosphère conviviale et bienveillante. Les cas cliniques proposés seront l’occasion de se rafraîchir les idées sur des situations que nous risquons de rencontrer un jour ou l’autre dans nos services. Rendez-vous le 18 mai à 9h30 pour les premières mises en situation !